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Sécurité

Près de 3 millions de plaques d’immatriculation françaises en fuite

Connaître une plaque d’immatriculation pourrait désormais permettre de retrouver l’identité et les coordonnées de son propriétaire présumé dans une immense base de données proposée à l…

Florian LEROY31 octobre 2026 à 22h434 min de lecture
Près de 3 millions de plaques d’immatriculation françaises en fuite

Connaître une plaque d’immatriculation pourrait désormais permettre de retrouver l’identité et les coordonnées de son propriétaire présumé dans une immense base de données proposée à la vente. Le hacker ChimeraZ affirme détenir les informations de près de 1,9 million de personnes, associées à 2,9 millions de véhicules immatriculés en France.

La revendication, publiée le 31 octobre 2026, porte sur un fichier de plus de 2 Go. Cyberattaque.org s’est procuré deux échantillons totalisant 2 000 lignes. Leur analyse confirme la présence de plaques d’immatriculation associées à des noms, des numéros de téléphone, des adresses email et des caractéristiques de véhicules.

Deux bases contenant des voitures, des camions et des autobus

ChimeraZ annonce précisément 2 930 924 enregistrements, répartis entre deux ensembles de données. Il revendique également 1 885 344 numéros de téléphone distincts et 1 534 952 adresses email.

Les premiers fichiers examinés présentent une différence intéressante :

  • La première base, d’environ 2,6 millions de lignes, concerne principalement des voitures particulières, mais également des utilitaires, motos et camping-cars ;
  • La seconde, d’environ 333 000 lignes, contient surtout des poids lourds, des remorques, des autobus et des véhicules professionnels.

Les informations comprennent notamment les immatriculations, les marques, les modèles, les catégories de véhicules, les identifiants clients et, selon les fiches, les dates de première mise en circulation.

Cette diversité suggère que la fuite pourrait provenir d’un outil professionnel utilisé pour gérer plusieurs catégories de véhicules, plutôt que d’une simple liste de particuliers.

Ce que révèlent les 2 000 fiches examinées

Sur les 2 000 lignes transmises, 1 998 ont pu être analysées au format JSON, deux enregistrements présentant des erreurs de structure.

Cyberattaque.org a identifié 1 998 immatriculations distinctes, 1 424 champs email renseignés et 1 849 fiches comportant au moins un numéro de téléphone. Des noms de particuliers et d’entreprises sont également présents, parfois accompagnés de plusieurs coordonnées.

Un élément technique attire particulièrement l’attention : les fichiers comportent 550 identifiants d’établissements différents. Ce chiffre ne signifie pas nécessairement que 550 entreprises ont été piratées, mais il suggère une organisation des données autour de nombreux sites ou établissements.

Les deux ensembles utilisent également des structures distinctes, laissant penser qu’ils pourraient provenir de plusieurs applications ou modules d’un même environnement informatique.

Aucune adresse postale, aucun mot de passe ni aucune information bancaire n’apparaissent dans les échantillons étudiés. Les fichiers permettent en revanche d’associer des véhicules identifiables à des personnes ou des sociétés.

Le pirate refuse de révéler l’origine des données

C’est l’une des particularités de cette affaire. Contrairement à ses précédentes publications, ChimeraZ ne divulgue pas le nom de l’organisation concernée.

Il affirme que les données proviennent d’un site Internet dont il préfère taire l’identité tant que ses vulnérabilités n’ont pas été corrigées.

La présence de nombreux identifiants d’établissements, de catégories de véhicules et de fiches clients pourrait correspondre à un réseau de contrôle technique, un logiciel métier automobile ou une autre plateforme centralisant des informations sur des véhicules.

Il n’existe toutefois aucune preuve que le Système d’immatriculation des véhicules (SIV), géré par l’État français, ait été compromis. Rien ne permet non plus d’identifier avec certitude l’entreprise à l’origine de ces fichiers.

Une fuite qui pourrait faciliter des escroqueries très ciblées

Une plaque d’immatriculation est visible publiquement. En revanche, son association avec un nom, un numéro de téléphone et une adresse email constitue une information personnelle particulièrement exploitable.

Des cybercriminels pourraient utiliser ces renseignements pour se faire passer pour un garage, un assureur, un centre de contrôle technique ou l’administration.

Les victimes pourraient notamment recevoir de faux avis de contravention, des demandes de règlement de contrôle technique ou des messages concernant un prétendu rappel de leur véhicule.

Le risque ne se limite pas aux automobilistes. Les données relatives aux véhicules professionnels pourraient également faciliter des tentatives de fraude visant des entreprises de transport ou des gestionnaires de flottes.

Enfin, les plaques peuvent servir à fabriquer des « doublettes », c’est-à-dire des plaques reproduisant l’immatriculation d’un autre véhicule. La connaissance de la marque et du modèle peut faciliter le choix d’un véhicule correspondant, même si aucune utilisation de cette base à cette fin n’est actuellement démontrée.

Près de 3 millions de véhicules revendiqués, mais combien de victimes réelles ?

Le nombre de 1 885 344 personnes annoncé par ChimeraZ n’est pas confirmé. Il correspond exactement au volume de numéros de téléphone distincts revendiqué, alors qu’un numéro peut être partagé par plusieurs personnes ou associé à une entreprise.

L’analyse des échantillons confirme la circulation de données personnelles liées à des immatriculations, mais ne permet pas de vérifier l’intégralité des 2,9 millions de lignes.

Aucune confirmation officielle d’une organisation victime n’est disponible à ce stade. L’origine de l’extraction, sa date et la méthode utilisée restent inconnues.

Si les volumes annoncés étaient authentifiés, cette divulgation pourrait constituer l’une des plus importantes mises en vente de données associant des véhicules français aux coordonnées de leurs utilisateurs. Le principal enjeu reste désormais d’identifier la plateforme concernée et de déterminer comment autant d’informations ont pu être récupérées.

Source originale : Cyberattaque.org.

Florian LEROY
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Florian LEROY

Développeur web et fondateur de Nity Pro. Des analyses pour rendre les sujets numériques plus clairs et directement utiles.

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