Près de 800 000 enregistrements attribués à Autosur sont proposés à la vente depuis le 31 octobre 2026. Derrière cette nouvelle revendication, un détail attire particulièrement l’attention : les premiers fichiers examinés semblent renvoyer à un centre de contrôle technique situé en Haute-Saône, et non directement à l’ensemble du réseau national.
Le hacker ChimeraZ affirme détenir les données de 615 233 personnes. Cyberattaque.org s’est procuré deux échantillons totalisant 1 000 fiches, dans lesquels figurent des identités, des numéros de téléphone et des adresses email.
Créé en 1990, Autosur est l’un des principaux réseaux français de contrôle technique automobile, avec plus de 900 centres annoncés à travers le territoire. L’enseigne appartient à la Société Européenne de Contrôle Technique Automobile (SECTA), qui supervise notamment les activités de contrôle des véhicules.
798 502 enregistrements répartis dans deux bases
Dans son annonce publiée le 31 octobre 2026 à 21 h 38, ChimeraZ revendique une extraction de 248 Mo contenant précisément 798 502 lignes, réparties entre deux fichiers au format JSONL.
Le pirate avance plusieurs chiffres concernant les informations récupérées :
- 615 233 personnes supposément concernées ;
- 392 175 numéros de téléphone distincts ;
- 144 689 adresses email différentes ;
- 1 354 adresses postales uniques ;
- Deux ensembles comprenant environ 611 000 et 186 000 enregistrements.
Ces volumes restent ceux annoncés par ChimeraZ. L’analyse des échantillons permet d’attester la présence de données personnelles, mais pas de confirmer les 615 233 personnes revendiquées.
Un indice pointe vers le centre Autosur d’Ancier
C’est une découverte importante de l’analyse menée par Cyberattaque.org. Les 1 000 enregistrements examinés possèdent tous le même identifiant d’environnement informatique : « ancier ».
Or, Autosur exploite effectivement un centre à Ancier, commune de Haute-Saône située près de Gray. L’établissement, installé au 12 rue des Varennes, est exploité par la société Contrôle Technique Ancier.
Cette correspondance suggère que les informations pourraient provenir d’un système de gestion utilisé par ce centre, ou d’une plateforme mutualisée permettant à plusieurs établissements de gérer leurs clients.
Attention toutefois : les deux échantillons concernent uniquement l’environnement « ancier ». Il est impossible de déterminer si les centaines de milliers d’autres lignes revendiquées concernent ce même établissement ou plusieurs centres du réseau.
Ce que contiennent réellement les fichiers
Cyberattaque.org a analysé deux fichiers contenant chacun 500 enregistrements. Ils présentent des structures similaires, mais le second comporte un identifiant technique supplémentaire attribué à chaque fiche.
Dans ces 1 000 lignes, notre analyse relève :
- 997 champs de nom renseignés ;
- 921 champs de prénom renseignés ;
- 827 numéros de téléphone, représentant 796 valeurs distinctes ;
- 130 champs email renseignés, correspondant à 127 adresses différentes ;
- Des identifiants clients et des références techniques individuelles.
La qualité des informations est variable. Certaines fiches sont incomplètes et plusieurs identités apparaissent à différentes reprises.
Aucune adresse postale complète, plaque d’immatriculation, donnée bancaire ou mot de passe ne figure dans les échantillons étudiés. Les fichiers ne contiennent pas non plus les résultats des contrôles techniques.
Les informations correspondent donc principalement à une extraction de fiches clients, plutôt qu’à un historique technique détaillé des véhicules.
Autosur avait déjà confirmé une fuite massive en mars 2025
Cette nouvelle mise en vente intervient après un précédent particulièrement important.
Le 16 mars 2025, Autosur avait identifié un incident de sécurité ayant permis un accès non autorisé à des informations personnelles de clients. L’entreprise avait officiellement reconnu l’exposition de noms, prénoms, adresses email et postales, numéros de téléphone et plaques d’immatriculation.
À l’époque, plusieurs publications faisaient état de plus de 10 millions de dossiers concernés. Autosur avait confirmé avoir informé la CNIL et déposé plainte auprès des services de police.
La question est désormais de savoir si la base proposée par ChimeraZ provient de cette ancienne compromission ou d’un nouvel accès non autorisé.
Les éléments publiés ne permettent pas de trancher. Le pirate ne précise ni la date de récupération des fichiers ni la technique utilisée pour y accéder.
Des risques de fraude aux faux contrôles techniques
Les coordonnées personnelles pourraient faciliter des campagnes de SMS et d’appels frauduleux ciblant les automobilistes.
Un escroc pourrait notamment se présenter comme un centre Autosur pour annoncer une prochaine échéance de contrôle technique, proposer un rendez-vous ou réclamer un paiement fictif.
La connaissance du nom et du numéro de téléphone d’un client rend ces sollicitations plus crédibles. Le rapprochement avec d’autres bases de données pourrait également permettre d’enrichir les profils des personnes concernées.
Une nouvelle fuite qui reste à confirmer
L’analyse de Cyberattaque.org confirme la présence de 1 000 enregistrements structurés associés à l’identifiant « ancier », contenant des coordonnées personnelles. L’origine précise du fichier et son éventuel lien avec la cyberattaque de mars 2025 restent toutefois inconnus.
Si les 798 502 lignes annoncées étaient authentifiées, il resterait à déterminer combien de centres et de clients distincts sont réellement concernés. La présence d’un établissement identifiable dans les échantillons constitue une première piste, mais ne démontre pas une nouvelle compromission de l’ensemble du réseau Autosur.
Source originale : Cyberattaque.org.

