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Sécurité

Une nouvelle cyberattaque contre la Fédération nationale des chasseurs

Des identifiants, des numéros de téléphone, des dates de naissance et même des empreintes de mots de passe appartenant à des comptes administrateurs. C’est le contenu préoccupant d’une…

Florian LEROY31 octobre 2026 à 18h017 min de lecture
Une nouvelle cyberattaque contre la Fédération nationale des chasseurs

Des identifiants, des numéros de téléphone, des dates de naissance et même des empreintes de mots de passe appartenant à des comptes administrateurs. C’est le contenu préoccupant d’une base de données attribuée à Chasseur de France, le site officiel de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), dont la vente a été annoncée ce samedi 31 octobre 2026.

Derrière cette publication se trouve ChimeraZ, un hacker qui revendique 5 700 enregistrements concernant 4 978 personnes. Cyberattaque.org a pu examiner un échantillon de 199 comptes utilisateurs. Les informations observées révèlent notamment la présence de profils disposant de droits d’administration, ce qui soulève des questions sur l’origine et la portée de cette extraction.

La Fédération nationale des chasseurs, installée à Issy-les-Moulineaux, représente les intérêts des chasseurs français et coordonne les fédérations départementales et régionales. Son site Chasseur de France présente notamment les missions de la fédération, la réglementation, les démarches relatives au permis de chasser et les actions menées en faveur de la biodiversité.

Une base d’utilisateurs et 49 comptes administrateurs revendiqués

La publication de ChimeraZ, datée du 31 octobre 2026 à 16 h 49, propose à la vente une base partielle attribuée au domaine chasseurdefrance.com.

Le hacker annonce un ensemble de 5 700 lignes, représentant environ 1,6 Mo de données, réparties entre plusieurs fichiers CSV et JSON. Il évoque notamment une liste d’environ 4 900 utilisateurs et un second fichier comportant 49 entrées administratives.

Contrairement à de simples coordonnées récupérées dans un annuaire, les informations présentées comprennent des champs directement liés au fonctionnement de comptes informatiques : identifiants, rôles, statistiques de connexion et empreintes de mots de passe.

Le nombre total de 4 978 personnes reste à confirmer. L’échantillon analysé permet de vérifier la structure des données, mais pas l’intégralité du volume annoncé par le pirate.

199 profils analysés : les données personnelles et les empreintes de mots de passe présentes

Cyberattaque.org s’est procuré et a analysé le fichier d’échantillon fourni par le hacker. Il contient 199 comptes distincts, chacun associé à un identifiant numérique unique.

Notre analyse révèle :

  • 199 adresses email différentes ;
  • 199 noms et prénoms renseignés ;
  • 199 champs de numéro de téléphone, dont certains comportent des valeurs manifestement fictives ;
  • 199 dates de naissance renseignées ;
  • 197 codes postaux ;
  • 8 adresses postales détaillées ;
  • 199 empreintes de mots de passe ;
  • Des informations sur les connexions, les appareils utilisés et les rôles attribués aux utilisateurs.

Les comptes de l’échantillon sont principalement associés à des codes postaux de Vendée (85) et de Seine-Maritime (76). Cette concentration géographique ne permet toutefois pas de déterminer la répartition des utilisateurs dans la base complète.

Les informations présentent également quelques anomalies, notamment des dates de naissance utilisées comme valeurs par défaut ou paraissant incohérentes. Toutes les fiches ne peuvent donc pas être considérées comme parfaitement fiables.

Plus inquiétant : des comptes dotés de privilèges élevés

Les fichiers ne concernent pas uniquement de simples utilisateurs. Parmi les 199 comptes examinés, cinq disposent de rôles administratifs.

Deux profils portent le rôle ROLE_SUPER_ADMIN, tandis que trois autres possèdent des autorisations d’administration ou de gestion avancée.

Les droits répertoriés comprennent notamment des capacités de gestion des utilisateurs, d’administration des formulaires, de consultation d’informations et d’exportation de données.

Le fichier séparé annoncé par ChimeraZ mentionne également 49 entrées administratives, mais son contenu complet n’a pas été examiné.

La présence de ces rôles ne signifie pas que le pirate possède un accès administrateur fonctionnel. Les droits peuvent avoir été modifiés ou révoqués depuis l’extraction. Elle indique néanmoins que les données publiées vont au-delà d’une simple liste de contacts.

Les mots de passe sont hachés avec bcrypt : quel danger ?

Les 199 comptes étudiés possèdent chacun une empreinte de mot de passe au format bcrypt, reconnaissable à son préfixe technique. Les empreintes présentent un facteur de coût de 13 et sont toutes différentes dans l’échantillon.

Les mots de passe ne sont donc pas stockés en clair dans les fichiers analysés. Bcrypt est un algorithme conçu pour ralentir les tentatives de récupération des mots de passe à partir de leurs empreintes.

Cette protection ne rend cependant pas les comptes totalement invulnérables. Un mot de passe faible ou déjà utilisé ailleurs peut rester susceptible d’être retrouvé à partir de son empreinte.

Les risques sont particulièrement importants lorsque ces empreintes concernent des comptes administrateurs ou lorsque les utilisateurs réutilisent les mêmes mots de passe sur plusieurs services.

En cas de confirmation de la fuite, une réinitialisation des mots de passe et une vérification des comptes à privilèges seraient donc nécessaires.

Des comptes créés en 2021 : une fuite ancienne remise en vente ?

Un détail de l’échantillon mérite une attention particulière : les 199 comptes examinés affichent des dates de création comprises entre juillet et septembre 2021.

La majorité des inscriptions sont concentrées sur quelques journées du mois de septembre 2021. Les fichiers contiennent également des champs liés à des réponses à des formulaires, à des terminaux mobiles et à des entités sélectionnées.

Ces éléments suggèrent que les données pourraient provenir d’une application ou d’un service spécifique associé à l’écosystème de la chasse, plutôt que de l’ensemble des systèmes informatiques de la Fédération nationale des chasseurs.

Il reste également possible que cette base ait été constituée plusieurs années auparavant avant d’être remise en circulation aujourd’hui.

La publication du 31 octobre 2026 ne prouve donc pas qu’une intrusion informatique a eu lieu à cette date. Les dates de création des comptes ne permettent pas non plus de déterminer quand les données auraient été récupérées.

La Fédération nationale des chasseurs avait déjà subi une cyberattaque en janvier

Cette revendication intervient alors que la FNC avait déjà reconnu un incident de cybersécurité plus tôt dans l’année.

Le 20 janvier 2026, une cyberattaque avait touché l’espace adhérents du guichet unique des validations des permis de chasser. La fédération avait officiellement confirmé l’incident le 22 janvier, en précisant avoir rapidement isolé les accès concernés.

Cette précédente attaque avait entraîné un accès non autorisé à certaines informations personnelles et à des données relatives à la validation des permis. La FNC précisait alors qu’aucun mot de passe, donnée bancaire ou renseignement relatif à la détention d’armes n’était concerné.

La nouvelle publication est différente puisqu’elle présente notamment des empreintes de mots de passe et des comptes disposant de droits administratifs.

Aucun élément ne permet cependant de relier cette base à l’attaque de janvier. Il pourrait s’agir d’un autre système, d’une extraction ancienne ou d’un incident distinct.

Quels risques pour les personnes dont les informations circulent ?

Les données pourraient être utilisées pour préparer des campagnes de phishing particulièrement ciblées, par exemple de faux messages concernant la validation d’un permis de chasser, une démarche auprès d’une fédération ou la sécurisation d’un compte.

Les numéros de téléphone et les dates de naissance permettent également de personnaliser des tentatives d’usurpation d’identité.

L’exposition d’adresses personnelles associées à l’univers de la chasse nécessite aussi une vigilance particulière. Toutefois, la présence d’un compte dans cette base ne prouve ni la détention d’un permis en cours de validité ni la possession d’une arme à domicile.

Les utilisateurs concernés ont intérêt à utiliser un mot de passe unique, à le modifier s’il est encore employé sur le service concerné et à se méfier des demandes de vérification reçues par email ou SMS.

Une mise en vente documentée, mais une origine encore inconnue

À la date du 31 octobre 2026, aucune confirmation officielle de la FNC concernant cette nouvelle revendication n’a été identifiée.

L’échantillon étudié confirme néanmoins l’existence de données de comptes structurées, comprenant des informations personnelles, des empreintes bcrypt et des profils à privilèges élevés.

Le chiffre de 5 700 enregistrements concernant 4 978 personnes reste celui annoncé par ChimeraZ. La vérification de l’ensemble du fichier et son rattachement exact à un service de la fédération restent à établir.

La principale interrogation porte désormais sur l’origine de ces données et leur ancienneté. Si leur provenance était confirmée, la présence d’empreintes de mots de passe et d’informations associées à des comptes administrateurs donnerait à cette affaire une portée bien plus importante qu’une simple fuite de coordonnées.

Source originale : Cyberattaque.org.

Florian LEROY
Article publié par

Florian LEROY

Développeur web et fondateur de Nity Pro. Des analyses pour rendre les sujets numériques plus clairs et directement utiles.

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