Le résolveur DNS public Quad9 annonce qu’il ne sera plus accessible aux internautes situés en France à partir du 24 novembre 2026. En cause : une décision de justice qui lui impose de bloquer certains noms de domaine à la demande de beIN. L’affaire relance le débat sur le rôle des intermédiaires techniques et sur la neutralité du DNS.
Pourquoi Quad9 quitte-t-il la France ?
Quad9 est un service DNS gratuit qui traduit les noms de domaine — comme nity.pro — en adresses IP utilisables par les appareils. Son service peut aussi bloquer les domaines associés à des menaces informatiques, notamment des logiciels malveillants ou des tentatives de hameçonnage.
Dans son annonce du 22 octobre, Quad9 explique qu’une décision rendue en faveur de beIN l’oblige à empêcher la résolution DNS de plusieurs domaines pour les utilisateurs situés en France. L’entreprise indique que la pénalité financière prévue a été fortement réduite, mais estime que le filtrage demandé reste incompatible avec son fonctionnement et sa mission. Un appel est en cours.
Quad9 affirme ne pas pouvoir identifier de façon fiable ses utilisateurs français : son service ne requiert ni compte ni justificatif d’identité. Un filtrage fondé sur la localisation pourrait donc être contourné ou appliqué de manière imprécise. Quant à bloquer les domaines partout dans le monde, cela étendrait une décision française à l’ensemble de ses utilisateurs.
Quel est le rôle du DNS dans cette affaire ?
Un résolveur DNS agit comme un annuaire : il indique à l’appareil quelle adresse IP correspond à un nom de domaine. Il ne stocke pas le site et ne supprime pas son contenu. Un blocage DNS empêche l’accès par ce mécanisme, mais ne fait pas disparaître le serveur qui héberge les pages concernées.
C’est au cœur du désaccord exposé par Quad9 : l’organisation estime qu’on demande à un intermédiaire technique neutre d’intervenir sur les réponses DNS. Elle craint aussi que ce type de mesure crée un précédent pour d’autres demandes de blocage. Ces arguments sont ceux de Quad9 ; l’affaire suit son cours devant les juridictions.
Qui pourrait être concerné ?
Les particuliers, entreprises et organismes qui utilisent Quad9 sur leurs ordinateurs, leurs téléphones, leur routeur ou leurs serveurs pourraient rencontrer des erreurs de résolution à partir du 24 novembre. Les appareils configurés manuellement avec Quad9 ne basculeront pas nécessairement automatiquement vers un autre résolveur.
L’impact dépendra de la configuration de chaque réseau. Un appareil peut utiliser le DNS de sa box, celui de son fournisseur d’accès, ou un service configuré par un administrateur. Les réseaux d’entreprise et les équipements de sécurité peuvent aussi imposer leurs propres paramètres.
Que faire avant le 24 novembre ?
Si votre réseau utilise Quad9, vérifiez où ses adresses DNS sont configurées : sur les postes, les téléphones, les serveurs, le routeur ou les paramètres DHCP. Pour une entreprise, pensez également aux configurations automatisées et aux équipements qui pourraient conserver ces réglages.
Prévoyez un résolveur de remplacement adapté à vos besoins, puis testez la résolution des domaines, les éventuels filtres de sécurité et les règles de confidentialité avant de modifier tout un réseau. Un changement effectué à la hâte peut supprimer une protection contre certains domaines malveillants ou perturber des services internes.
La date annoncée par Quad9 est le 24 novembre 2026. L’organisation indique qu’elle poursuivra son recours et sa contestation des demandes de blocage DNS.


