Le LOOF confirme avoir été victime d’une cyberattaque. L’organisme chargé en France du Livre Officiel des Origines Félines indique que des individus non autorisés se sont introduits dans son système informatique afin de récupérer des données. Dans le même temps, le hacker ChimeraZ revendique une extraction beaucoup plus large : environ 654 000 lignes, 330 000 animaux, 40 000 personnes et 90 555 fichiers, pour un volume annoncé de 48 Go compressés.
La revendication porte sur des profils d’éleveurs, des fiches de chats et de portées, mais également sur une importante collection documentaire comprenant, selon le hacker, des pedigrees, tests ADN, déclarations de naissance, attestations et certificats.
Le LOOF confirme noms, adresses et données sur les animaux
Dans un communiqué publié le 20 octobre 2026, le LOOF confirme que les consultations réalisées par les attaquants ont principalement concerné les noms, prénoms, adresses email, adresses postales, noms des animaux, numéros d’identification, dates de naissance des chats et références de dossiers.
L’organisme précise qu’à ce stade, il n’a identifié « aucune donnée sensible » concernée. Le périmètre annoncé officiellement est donc moins large que celui revendiqué par ChimeraZ, notamment concernant les dizaines de milliers de documents.
Des échantillons très précis
Cyberattaque.org s’est procuré plusieurs échantillons issus des différents ensembles revendiqués. Ils sont cohérents avec les catégories de données reconnues par le LOOF.
Dans un échantillon de 250 demandes de modification de profil, toutes comportent notamment un nom, un prénom, une adresse postale et une adresse email. 234 contiennent également un numéro de téléphone portable. Des numéros SIRET, noms d’entreprises et sites internet apparaissent aussi régulièrement, ce qui correspond au profil professionnel de nombreux éleveurs.
Un autre échantillon de 150 comptes utilisateurs contient pour chaque entrée une identité, un identifiant LOOF, un nom d’utilisateur et une adresse email.
Numéros de puce et demandes de pedigree dans les fiches des chats
Les données animales sont particulièrement détaillées. Les fiches analysées contiennent notamment le nom du chat, son sexe, sa race, sa robe, son numéro d’identification électronique ainsi que des informations relatives aux tests génétiques et aux demandes de pedigree.
Dans les 250 fiches de chatons examinées par Cyberattaque.org, les 250 numéros d’identification sont différents et toutes les entrées sont rattachées à une demande de pedigree.
La revendication publiée par ChimeraZ contient par ailleurs un exemple de fiche créée le 25 août 2026 et mise à jour le lendemain, ce qui montre que l’extraction revendiquée ne correspond pas uniquement à de vieilles archives.
90 555 fichiers : des pedigrees apparaissent massivement
C’est probablement la partie la plus importante de la revendication. ChimeraZ affirme disposer de 90 555 fichiers. Un export séparé contiendrait plus de 123 000 références documentaires permettant de rattacher ces fichiers aux utilisateurs et aux chats concernés.
Cyberattaque.org a analysé 100 de ces références : 84 correspondent à des PDF et 16 à des images JPEG. Parmi ces 100 entrées, 68 noms de fichiers font explicitement référence à des pedigrees. Toutes sont rattachées à un utilisateur et 86 sont également associées à un chat.
Les données contiennent aussi des chemins internes permettant de localiser les fichiers sur l’infrastructure, ainsi que des descriptions laissées dans certains dossiers. Le hacker affirme que l’ensemble comprend également des tests ADN, déclarations de naissance, attestations et certificats. Cyberattaque.org n’a toutefois pas pu confirmer la proportion exacte de chaque catégorie dans les 90 555 fichiers revendiqués.
Les traces ressemblent au cœur de MyLOOF
La structure des données est particulièrement parlante. Les enregistrements utilisent des références comme /api/users/, /api/kittens/, /api/documents/ ou encore des objets correspondant à des demandes de modification de profil.
Ce fonctionnement correspond aux services proposés par MyLOOF, l’extranet utilisé par les éleveurs pour déclarer leurs portées, demander des pedigrees, consulter leurs chats et suivre leurs dossiers. Le LOOF confirme d’ailleurs avoir coupé par précaution l’accès à plusieurs de ses systèmes, notamment MyLOOF, après avoir identifié la source de l’attaque.
Le LOOF relie lui-même l’attaque à celle d’I-CAD
Autre élément important : le LOOF établit publiquement un lien avec les attaques récentes contre I-CAD. Dans son communiqué, l’organisme indique que d’autres structures, dont I-CAD, ont été ciblées par des attaques du même type et précise qu’elles sont revendiquées par le ou les mêmes individus.
Cette déclaration est cohérente avec les revendications observées par Cyberattaque.org : ChimeraZ est également le hacker qui a mis en vente une base attribuée à I-CAD contenant près de 2,9 millions de fiches d’animaux. I-CAD avait déjà confirmé une faille de sécurité sur son fichier national.
Le point d’entrée a été identifié mais reste secret
Le LOOF affirme avoir identifié la source de l’attaque, sans préciser publiquement la vulnérabilité ou le compte utilisé. L’accès à ses différents systèmes a été interrompu le temps de remédier à l’intrusion.
La structure très détaillée des données revendiquées, avec des objets applicatifs, des identifiants internes et des chemins vers des fichiers, est davantage compatible avec une extraction depuis l’environnement applicatif ou son système de données qu’avec une simple collecte des informations visibles publiquement sur loof.asso.fr.
Un risque de phishing particulièrement crédible pour les éleveurs
Les données exposées offrent suffisamment de contexte pour fabriquer des messages très convaincants. Un attaquant peut connaître l’identité et l’adresse d’un éleveur, son email, son téléphone, le nom et le numéro de puce d’un chat ainsi que l’existence d’une demande de pedigree ou d’un dossier LOOF.
Le LOOF alerte lui-même sur le risque de phishing et rappelle qu’il ne demandera jamais de données bancaires ou de mots de passe par email ou téléphone.
La cyberattaque est donc désormais officiellement confirmée. Reste une question majeure : savoir si les 90 555 fichiers et 48 Go revendiqués par ChimeraZ correspondent intégralement aux données effectivement récupérées. Le LOOF poursuit encore ses investigations et annonce qu’une nouvelle communication sera publiée sur l’avancée de l’incident.
Source originale : Cyberattaque.org.
Image d’illustration : Hexagon data center foil back.webp — Wikideas1 — CC0, via Wikimedia Commons.


