OpenClaw conçoit « par accident » la plus grande mise à jour de son histoire

OpenClaw vient de dévoiler sa version 2.0. La mise à jour, peu ambitieuse à l’origine, a finalement « impacté tous les aspects d’OpenClaw : installation, messagerie, mémoire, compétences, modèles, automatisations, navigateur et applications natives, plugins, sécurité, et une multitude de correctifs », peut-on lire dans le communiqué. Voici ce qui change.

Une mise à jour née « accidentellement »

OpenClaw visait initialement des objectifs modestes avec cette mise à jour : simplifier l’installation et refaire l’application accessible depuis un navigateur. Nettoyer ces deux éléments a toutefois nécessité de revoir ce qui les entourait dans le reste du code, puis dans le processus de publication lui-même. Ce nettoyage en chaîne a fini par redessiner la quasi-totalité du logiciel, transformant OpenClaw 2.0 en la plus grosse mise à jour de son histoire.

Avant cette sortie, le rythme de publication d’OpenClaw était soutenu, jusqu’à marquer une pause inhabituelle de près de sept semaines. En cause : une équipe qui s’était agrandie plus vite que les fondations techniques du logiciel et que son processus de publication. Le résultat représente environ 50 % de l’ensemble des pull requests jamais fusionnées dans l’histoire du projet, réalisées par 933 contributeurs, dont 569 nouveaux venus.

Un nouveau mode multijoueur

Le mode multijoueur constitue la nouveauté la plus marquante de cette version. OpenClaw 2.0 permet à une autre personne de rejoindre une tâche en cours ou de reprendre la main, sans perte du contexte déjà accumulé par l’agent.

Cette collaboration s’accompagne de plusieurs garde-fous :

  • Des demandes d’identifiants masquées, pour éviter qu’un secret se retrouve écrit dans le chat ou dans le contexte du modèle.
  • Un proxy optionnel qui peut limiter la substitution d’un identifiant à des destinations approuvées.
  • Une autorisation attachée à une opération précise pour les automatisations récurrentes, plutôt qu’un accès large.

OpenClaw précise toutefois que ces contrôles ne constituent pas une isolation adaptée à des utilisateurs mutuellement hostiles. Partager une passerelle entre collègues de confiance n’offre donc pas la même protection qu’un environnement séparé par client. Une entreprise devra continuer de segmenter ses projets sensibles, protéger ses secrets et décider quelles opérations nécessitent une validation manuelle.

Installation, application web, migration SQLite : les autres nouveautés d’OpenClaw version 2.0

Au-delà du mode multijoueur, la mise à jour touche de nombreux autres aspects du logiciel :

  • Stockage des sessions migré vers SQLite : OpenClaw abandonne la gestion des sessions par fichiers plats au profit d’une base de données SQLite. Le projet recommande d’effectuer une sauvegarde complète des données avant de lancer la mise à jour.
  • Installation simplifiée : OpenClaw 2.0 détecte automatiquement un abonnement ChatGPT ou Claude, une clé API ou un modèle exécuté en local déjà présents sur la machine. Certains réglages ne sont donc plus demandés au départ. Ils peuvent être ajustés directement dans un échange avec l’agent.
  • Application web repensée : l’application accessible depuis un navigateur, premier point de contact de nombreux utilisateurs avec OpenClaw, a été entièrement refondue. Elle intègre désormais un éditeur de fichiers natif, un suivi Git avec l’affichage des statuts CI, un inspecteur DOM pour annoter des captures d’écran et un terminal web en plein écran pour suivre l’exécution des commandes. Le temps de chargement du tableau de bord passe de 1,6 seconde à 575 millisecondes.