IA : les actus qu’il ne fallait pas manquer cet été

L’actualité de l’intelligence artificielle n’a pas ralenti pendant l’été. En deux petits mois particulièrement chauds, Google a déployé AI Overviews en France, OpenAI a annoncé l’introduction de la publicité dans ChatGPT, et l’Europe a rendu le marquage des contenus générés obligatoire. Sans oublier les innombrables fonctionnalités présentées par les principaux acteurs de l’IA. Six dossiers résument ces huit semaines, on vous aide à rattraper ce que vous avez pu manquer !

AI Overviews arrive en France et bouscule le référencement

C’est le dossier qui a occupé le plus de place cet été. Plus de deux ans après leur déploiement aux États-Unis, les résumés IA de Google sont arrivés dans les résultats de recherche français. La firme a publié un guide officiel pour préparer ses pages aux AI Overviews et à l’AI Mode, et ajouté dans la Search Console une vue dédiée aux impressions générées par l’IA, sans données de clics ni de requêtes pour l’instant. Les éditeurs qui préfèrent ne pas y figurer peuvent demander l’exclusion de leur site. De son côté, Ahrefs a observé les premiers jours de déploiement en France, avec des chutes du CTR jusqu’à 23 % pour certains domaines en seulement 9 jours. The Black Room a, de son côté, livré un instantané de la visibilité des médias français.

Pour ces derniers, la réponse a été rapide. Un organisme représentant près de 300 quotidiens français a saisi l’Autorité de la concurrence pour lui demander d’intervenir face au déploiement unilatéral de la fonctionnalité. Le journal suisse Le Temps, qui documente l’effet sur son trafic depuis plus d’un an, nous a livré son retour d’expérience et sa méthode de mesure. Au-delà du trafic, la fonctionnalité pose une question de contrôle sur la manière dont l’information française est reformulée et redistribuée.

Pour les professionnels du référencement, la conséquence est concrète. Deux logiques de visibilité coexistent désormais, celle des moteurs classiques et celle des réponses génératives, avec des critères qui ne se recoupent pas complètement. Nous avons détaillé comment tenir les deux fronts sans dupliquer le travail.

Marre des AI Overviews ? Voici comment les masquer !

La publicité entre dans ChatGPT, au moment où le gratuit s’élargit

OpenAI a prévenu ses utilisateurs européens par email. Les comptes Free et Go vont voir apparaître des publicités dans leurs conversations avec ChatGPT. Cette nouveauté, déjà expérimentée sur d’autres marchés, ne concerne que les formules les moins chères, les abonnés Plus et Pro restant à l’écart pour l’instant. Pour les annonceurs, il s’agit là d’une nouvelle opportunité, que nous avons décryptée avec l’experte Pei Zhang.

Dix jours plus tôt, OpenAI avait levé la limite de messages sur la version gratuite de ChatGPT, qui a basculé au passage sur GPT-5.6 Luna et avec un effort de raisonnement ajustable. Les deux annonces se lisent ensemble : le compte Free gagne en usage au moment où il devient un inventaire publicitaire.

Bien sûr, d’autres petites nouveautés ont été distillées ça et là par OpenAI, avec notamment l’arrivée des sièges Premium pour ChatGPT Business, augmentant les limites d’usage contre un chèque de 125 $ par mois. Une offre alignée sur ce que propose déjà Anthropic pour Claude.

Les autres nouveautés de ChatGPT de l'été

  • Une application desktop pour Linux, en préversion sur Ubuntu, Debian et Fedora.
  • Un ChatGPT for Teens, dédié aux 13-17 ans,
  • L’arrivée du Computer History sur Mac, une fonctionnalité qui crée un flux d’événements en enregistrant notamment les clics et saisies au clavier.
  • Une extension Chrome capable de lire les onglets et de résumer les vidéos YouTube.
  • GPT-Live, qui permet au mode vocal d’écouter et de parler en même temps.
  • Un plugin Admin pour Work et Codex, qui permet notamment de gérer les permissions et accès.

Le marquage des contenus générés devient une obligation

Le 2 août, une première série de mesures de l’AI Act est entrée en application. Parmi elles, l’étiquetage des contenus générés devient obligatoire dans l’Union européenne. Deepfakes, textes et chatbots doivent être signalés clairement, une mesure qui fait déjà débat chez les éditeurs sur ses modalités concrètes d’application.

L’industrie a bougé dans le même temps, pour montrer patte blanche à l’UE. Anthropic a notamment annoncé que ses prochains modèles apposeraient un filigrane invisible sur les textes générés, avec des métadonnées de provenance dans les fichiers produits. Quatre jours plus tard, la firme a répondu aux questions techniques que la mesure avait soulevées, notamment sur le périmètre exact du marquage et sur la possibilité d’effacer le filigrane.

L’IA est désormais un véritable dossier de souveraineté

L’été a commencé par un rétablissement : le 1er juillet, Anthropic lançait Sonnet 5 et rouvrait l’accès à Fable et Mythos, après une suspension de trois semaines liée aux contrôles à l’export américains. Dans le même mouvement, GPT-5.6 a été réservé à des partenaires validés par Washington. Nous avons analysé ce que cette mécanique implique pour les utilisateurs européens, puis détaillé les précautions possibles pour les agences qui ont bâti leur offre sur un modèle précis.

Le sujet a une traduction industrielle. Anthropic a confirmé la création d’une équipe dédiée à la conception de ses propres puces, un mouvement dans lequel OpenAI et Google sont déjà engagés. Chacun cherche à réduire sa dépendance à un fournisseur unique de calcul. Le matériel devient un terrain de conflit à part entière, comme le montre la procédure judiciaire ouverte entre Apple et OpenAI, le premier accusant son rival d’avoir bâti ses ambitions matérielles sur des secrets industriels détournés.

Les agents sortent de la fenêtre de chat

Claude Cowork s’est étendu au web et au mobile début juillet, avant de s’installer en août dans le panneau latéral de Claude dans Chrome, compétences et connecteurs compris, puis d’acquérir une mémoire partagée avec le chat. OpenAI a répliqué avec ChatGPT Work, propulsé par GPT-5.6, et avec un mode vocal capable de piloter Codex et d’exécuter des tâches sur macOS. Perplexity a porté son agent Personal Computer sur Windows, avec accès aux fichiers locaux.

Côté développement, Anthropic a généralisé l’auto mode dans Claude Code et ouvert une messagerie entre sessions. Meta a lancé Muse Code en bêta sur macOS et Linux, avec des sous-agents parallèles et une tarification à l’usage. Et Hermes, l’agent open source de Nous Research, a porté son éditeur à une valorisation de 1,5 milliard de dollars en fabriquant ses propres compétences.

Les études publiées cet été situent l’écart entre cette offre et les usages réels. Deux travaux d’OpenAI décrivent une IA qui quitte le registre de l’assistance pour celui de l’exécution, avec un fossé qui se creuse entre les organisations les plus avancées et la médiane. Le frein est documenté ailleurs, puisque 61 % des salariés interrogés par TeamViewer refusent qu’elle agisse sans validation humaine. Une enquête Notion pointe de son côté un décalage net entre l’optimisme des dirigeants et celui de leurs équipes.

Les autres nouveautés côté Claude, Copilot et intégrations

La sécurité freine-t-elle la course aux modèles ?

Sans surprise, les sorties de modèles se sont enchaînées cet été. Anthropic a lancé Claude Opus 5 fin juillet, moins restrictif que Fable 5 et à un tarif deux fois inférieur. Google a déployé Gemini 3.6 Flash et 3.5 Flash Lite en baissant ses prix, puis 3.7 Flash, taillé pour le code et les agents. Meta a diffusé un nouveau modèle open weight en même temps que la doctrine de Mark Zuckerberg sur la superintelligence.

La contrepartie s’est installée sur le même rythme : OpenAI a repoussé la sortie de son modèle Astra, faute d’avoir pu écarter un niveau de risque cyber jugé trop élevé, et a réservé GPT-5.6-Cyber à des organisations vérifiées. Une partie de l’effort se déporte vers des modèles conçus pour surveiller les autres. Microsoft a lancé MAI-Cyber-1-Flash pour détecter les vulnérabilités logicielles, intégré à sa plateforme d’agents de sécurité Project Perception. Mistral a, de son côté, présenté Shieldstral, un modèle open source qui évalue la sécurité de textes et d’images à partir de règles rédigées en langage naturel.

Plusieurs incidents ayant eu lieu au cours de l’été ont donné la mesure du problème. Lors d’un test destiné à évaluer ses compétences en cybersécurité, un agent d’OpenAI s’est évadé de son environnement pour pirater Hugging Face et tricher un examen de sécurité. Quelques jours plus tard, Anthropic, Meta ou encore Moonshot reconnaissaient que certains de leurs modèles s’étaient aussi… échappés du cadre.